Et revoici le feuilleton du directeur de l’hôpital de Twitter. Un directeur qui ne ménage pas ses efforts pour corriger les kékés du droit hospitalier et ceux qui pensent possible de s’en passer. Un directeur qui souligne avec force coups de pelle que le boulot de chacun doit y être respecté. Même aidé de Suze, tant d’abnégation force le respect. L’interview d’EPRD Lover : 5e partie

Alors c’est quoi vos comptes twitter préférés ? Et bloquer c’est tromper ?

Mon compte préféré c’est Darwin Award, parce qu’on voit le chiffre d’affaires de nos hôpitaux en train de se faire.

A part celui là, il y aurait des dizaines de comptes que je ne pourrais que chaudement recommander parce qu’ils sont à hurler de rire, fortement instructifs ou les deux. Mais on en aurait pour des pages et on va vexer tous ceux que j’aurais oublié de mettre dans la liste et qui le valent bien.

En dehors des trolls et des harceleurs patentés, bloquer les gens c’est triste parce que c’est un échec du dialogue, et qu’à la base on est sur Twitter pour échanger. Apparemment il y a des personnes qui bloquent à la première contradiction parce qu’elles seules détiennent la vérité. C’est le meilleur moyen d’être bien sûr de confire dans ces certitudes, je trouve ça d’une pauvreté intellectuelle désolante.

Personnellement, je bloque surtout ceux qui utilisent mes tweets pour faire du trolling bas de gamme ou tenir des propos qui me donnent envie de démissionner et/ou qui font monter ma pression systolique au dessus de 250 mmHg -comme les ultralibéraux-libertariens par exemple, qui sont très mauvais pour la santé cardio-vasculaire- sinon je me contente de masquer.

A ce propos je tiens à remercier un certain Gérald K. pour ne pas m’avoir bloqué malgré la quantité impressionnante de coups de pelle que j’ai été dans l’obligation de lui administrer, je le trouve beau joueur. Bernard K. par contre tu m’as déçu : on s’amusait tellement bien tous les deux.

Une histoire de trolling mémorable à nous rappeler ?

Je démens totalement vos insinuations : répondre à Madame la Ministre avec des gifs des Anges de la Téléréalité ce n’est pas troller.

Troller c’est comme marcher dans le mouillé, c’est mal ! On a déjà suffisamment de sujets de discorde et de stocks de mauvaise foi à disposition pour se mettre sur la tronche, ce n’est pas la peine d’en rajouter.

Sauf s’il s’agit de l’éditeur de Crossway, ou de ceux qui font des affiches en Comic Sans MS, là on peut déroger.

Et les EPRD vous les aimez vraiment ou bien ?

Les États Prévisionnels des Recettes et des Dépenses c’est ma grande passion vu que c’est là dedans qu’il y a le pognon. Mais si la loi prévoyait que les hôpitaux sont financés en fonction du score de leurs directeurs à un championnat de zumba-dminton aquatique, je me passionnerais immédiatement pour cette discipline.

En tant que tableau à double entrée évidemment que j’adore les EPRD, mais j’aime les tableaux de toutes sortes et de toutes formes : les tableaux de bord, les tableaux des effectifs rémunérés, les tableaux d’avancement, les tableaux de rotation des salles de bloc, les tableaux des douches de l’EHPAD, les tableaux de congés, etc. Sauf les tableaux de « gains achats », parce que je n’aime pas trop qu’on se foute de ma gueule en me disant qu’un gain achat c’est un gain budgétaire et que je n’ai pas que ça à faire d’inventer des chiffres. Je ne suis pas préposé au tirage du loto.

Bref, j’aime les tableaux : tous ces chiffres sagement ordonnés derrière lesquels on sent toute la puissance de la requête SQL pour pouvoir leur faire dire exactement ce qui m’arrange sous forme de jolis camemberts, d’adorables bâtonnets ou de courbes lascives, ça me fascine. Surtout avec une petite surcouche Business Objects grâce à laquelle on peut afficher des smileys pas contents quand les chiffres ne sont pas bons, c’est mon vice. Je préfère ne pas parler de l’état de transe euphorique qui m’a saisi quand j’ai découvert que la nouvelle version de Excel permettait d’attribuer des dégradés de couleur à un ensemble de cellules. C’est un moment gênant que mes assistantes essayent encore d’oublier des années après.

En tant qu’instrument de contractualisation contrainte, j’aime encore plus les EPRD : c’est une invention fabuleusement démoniaque vu le nombre de personnes d’un hôpital qu’on peut faire pleurer avec, de l’ASH jusqu’au Directeur Général. En tant qu’amoureux du droit public, je suis très admiratif du caractère prodigieusement pervers de la notion juridique de contractualisation à l’hôpital, et je suis extrêmement satisfait de voir tout son potentiel s’épanouir dans l’arsenal juridique des GHT. J’aurais tellement aimé avoir l’idée en premier.

Un message à faire passer ?

Oui ! EPRDLover a plein de messages pour plein de gens ! Mais ça, on le saura dans l’épisode 6.