C’est le directeur d’hôpital le plus connu de twitter. Suivi par des milliers d’hospitaliers et de professionnels de santé libéraux, ce directeur instille quotidiennement droit hospitalier, code des marchés, statut de la fonction publique, le tout à coup de Suze et de grands coups de pelle. Redresseur de torts des yakafaukon, adepte de la répartie la plus méchante à l’égard de mandarins qui ont enfin ce qu’ils mérite, pourfendeur du corporatisme, des rapports de pouvoir et du sexisme qui minent le monde de la santé, il gagne chaque jour des adeptes supplémentaires. Cet étrange directeur qui dit bien souvent ce que tant de directeurs d’hôpital aimeraient crier a un nom, ou plutôt un pseudo : EPRDLover.

Récemment parti de Twitter sans laisser d’adresse, mais sans non plus changer son 06, il a accepté de répondre à nos questions. Un entretien fleuve, et plein de révélations, qui nécessiteront plusieurs épisodes. Voilà LA série de l’été : à vous EPRD !

Bon, n’y allons pas par quatre chemins, qui êtes-vous ?

Mais au contraire, allons-y par quatre chemins.

Selon mon entourage de moldus, je suis un grand malade avec des penchants manifestes pour le sado-masochisme à caractère professionnel. Mes anecdotes de chirurgies sales ou de chambres mortuaires sont très appréciées pour mettre une bonne ambiance dans les soirées ou les déjeuners familiaux.

Selon le personnel de l’hôpital je suis plutôt le fruit des amours déviantes d’un contrôleur des impôts (pour le côté fun) et d’un cost-killer de chez Nestlé (pour le côté empathique et délicat). Jamais au bon endroit, toujours de trop et incompétent, je suis la principale cause des problèmes de l’hôpital qui me verse une prime dès qu’un soignant fait un burn-out, d’où le déficit budgétaire. Je possède une piscine remplie de sueur et de larmes de soignants nettoyée par des internes-esclaves. Bref, je suis une brute en gris.

Mais à la fin tout le monde est content que je signe le bordereau de mandatement de la paye.

Accessoirement je représente l’hôpital dans tous les actes de la vie civile et je suis garant de la bonne marche de l’établissement et des valeurs de notre Très Saint Service Public.

Selon Twitter je suis le directeur général adjoint des finances, du système d’information, des travaux, des achats, de la logistique, de la qualité, de la communication, des ressources humaines, des affaires médicales, des poubelles, du parking, des problèmes et de tout le reste du #LoveHôpital ou du #FuckYouHôpital en fonction de l’humeur, EHPAD, PSY et SSR compris.

Je fais aussi du secrétariat, de la psychologie du travail, du customer-relationship-management, du consulting, de la compta fournisseurs et de la décontamination NRBC au besoin. Je pratique le lancer de pelle sur mon temps libre.

J’assure le service après-vente de tous les hôpitaux de France avec mes autres copains dirlos et c’est ma joie.

Selon la marque S*z* je suis un influenceur de qualité, scandaleusement gratuit. Je l’avoue, je n’ai aucun lien d’intérêt avec cet étendard de la gastronomie française. Tout cela est un gros malentendu, je peux tout expliquer, et j’ai un alibi pour hier soir.

[L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, ne mangez ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré, ces cascades sont réalisée par des professionnels entraînés, ne faites pas ça chez vous en dehors de la présence d’un adulte].

Vous êtes un peu le prosélyte du droit hospitalier. Vous n’avez pas un peu l’impression de prêcher dans le désert ?

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