Virginie Valentin est directrice d’hôpital au CHU de Montpellier, chargée des ressources humaines. Une jeune femme arrivée dans le monde hospitalier par hasard, mais qui y a rencontré le métier… de sa vie !

Quand et pourquoi avez-vous décidé de devenir directeur d’hôpital ?

Le choix du métier de directeur d’hôpital a été pour moi un hasard complet mais très heureux tant ce métier est passionnant, même s’il est exigeant et parfois difficile.

J’étais alors étudiante en dernière année à Sciences Po Bordeaux ; pour valider le diplôme, il fallait choisir des modules optionnels parmi un panel de propositions. À l’époque, j’étais très intéressée par le droit de l’environnement, qui commençait de se structurer juridiquement parlant et j’avais choisi d’orienter mes choix d’option sur cette thématique. Comme il me manquait toutefois quelques heures, et sans conviction particulière, j’ai accompagné un de mes amis au module qu’il avait choisi sur le droit hospitalier ; lui était convaincu qu’il serait directeur d’hôpital… moi pas du tout.

Les 2 premières heures de ce module, j’ai tout simplement été conquise ! Un directeur venant parler de son métier, expliquant toute la variété des missions et des responsabilités à l’hôpital, avec la possibilité de mobilités fréquentes dans la carrière… un métier vivant, dans un environnement en perpétuelle évolution, avec des organisations sans cesse en mouvement, incarnant par essence l’esprit du service public… 6 mois plus tard, je passais le concours de DH !

Qu’appréciez-vous le plus dans ce métier ?

Ce que j’apprécie le plus dans ce métier, c’est le mouvement. Chaque jour est différent du précédent et pourtant l’objectif est toujours le même, quel que soit le poste de direction occupé : piloter, animer, coordonner, faire des choix, décider pour contribuer à ce que les patients soient pris en charge le mieux possible, en affichant clairement les valeurs du service public, valeurs auxquelles je suis très attachée.

Certes, c’est parfois usant car il faut sans cesse s’adapter, se questionner et savoir se remettre en cause, chercher de compromis et donner du souffle pour avancer à ses équipes de collaborateurs. Mais l’impression que ce que l’on fait est utile chaque jour, pour des centaines de patients et leurs familles, c’est très gratifiant et motivant.

En outre, j’apprécie beaucoup la dimension du travail en équipe qui permet de confronter les points de vue pour prendre les meilleures décisions qui soient. C’est un élément très fort dans la mission actuelle de DRH que j’occupe au CHU de Montpellier, qui me fait aimer un peu plus encore mon métier.

Pourriez-vous nous parler d’un ou de deux de vos dossiers emblématiques, dossiers sont vous êtes particulièrement fier ou qui symbolisent pour vous ce qu’apporte un directeur d’hôpital ?

Parmi les dossiers emblématiques que j’ai portés ces dernières années, je citerai deux expériences qui m’ont particulièrement appris et enrichie professionnellement, en m’ayant donné l’impression forte de contribuer à mieux prendre en charge les patients tout en participant très directement à préparer l’hôpital de demain :

– l’élaboration du projet d’établissement d’un hôpital universitaire menée dans une optique très stratégique (fixer un cap pour aller vers l’hôpital de 2030), démarche conduite en copilotage avec un médecin… une aventure passionnante, qui m’a permis d’aborder au fond toutes les facettes des missions hospitalières et de porter des propositions essentielles pour moi (comme par exemple la prise en charge des personnes vulnérables dans les services de soins).

– la mise en place d’une communauté hospitalière de territoire, ensuite transformée en GHT, dans un contexte initial où le travail coopératif n’était pas forcément développé ni souhaité. Progressivement, des projets communs se sont faits jour que j’ai eu la chance d’accompagner, en ayant le sentiment de contribuer à l’émergence de nouvelles possibilités de soins pour les patients, notamment dans l’accès en proximité à des prises en charge qui étaient jusque-là éloignées de leur domicile (traitements de chimiothérapie déployés sur les CH du territoire pourtant non autorisés en cancérologie).

En y repensant, j’éprouve une certaine fierté du travail engagé et avancé, que d’autres ont poursuivi et enrichi après moi, pour porter haut le service public hospitalier et ses professionnels, tellement engagés et valeureux dans leurs missions au quotidien. Je me dis qu’il n’y a sans doute pas tant de métiers qui permettent de vivre de tels moments !