Cédric Maréchal vient d’achever sa formation en tant qu’élève directeur d’hôpital, après quelques découvertes en santé publique. Un jeune directeur  qui tient à lutter contre les inégalités d’accès aux soins, et inscrire toujours plus l’hôpital dans le territoire, en lien avec tous l’ensemble des acteurs de santé.

Pourquoi avoir choisi ce métier de directeur d’hôpital ?

Il y a encore 4 ans, je ne savais pas qu’un concours pour devenir directeur d’hôpital existait ! Je l’ai découvert au hasard de mes différentes expériences professionnelles où j’ai travaillé un été en contact avec des directeurs d’hôpital en détachement. J’ignorais alors tout de leur corps d’origine. Finalement, choisir ce parcours s’est révélé être une évidence.

Avant de m’orienter vers le métier de directeur d’hôpital j’ai eu des expériences diverses en santé publique : stage à la Chambre des Représentants aux États-Unis d’Amérique pour travailler sur le coût de l’accès aux soins et les partenariats de recherche médicale, Direction Départementale de la Cohésion Sociale du Nord, Assemblée nationale et participation au PLFSS. Toutes ces expériences ont augmenté mon envie de travailler sur le terrain pour toucher concrètement du doigt les avancées de chaque décision prise.

Le métier de directeur d’hôpital offre cet équilibre entre, d’une part, stratégie et planification et, d’autre part, gestion de l’urgence et forte réactivité quotidienne. En tant que Directeur d’hôpital, on se sent stimulé intellectuellement et utile. Rien ne vaut une lettre de satisfaction d’un patient et de sa famille. Rien n’égale la concrétisation d’un projet médical monté avec médecins et soignants et répondant à un manque concret sur le territoire. Quand je repense à mon choix, je crois que l’utilité sociétale a été un critère déterminant « Est-ce que je rends service ou pas à la société dans le quotidien de mon travail ? ». La réponse pour ce métier, et ce malgré ses difficultés, est un grand oui.

Qu’avez-vous particulièrement apprécié dans la formation de l’EHESP ?

La formation à l’EHESP permet de prendre conscience que l’hôpital, en particulier, et le monde de la santé, plus globalement, sont une grande famille. Très tôt, on nous apprend à travailler en groupes pluridisciplinaires : directeurs des soins, D3S, Attachés d’administration mais aussi ingénieurs hospitaliers, inspecteurs (IASS), médecins… C’est une grande force de la formation où on nous familiarise avec la réalité du métier qui comprend de nombreuses réunions de travail avec des acteurs multiples afin de recueillir l’expertise de chacun.

Durant la formation, on crée également un « esprit de corps » basé sur la solidarité et l’entraide car le métier de Directeur d’hôpital n’est pas facile tous les jours !

Enfin, lors des périodes de stage, le rôle du maître de stage est essentiel car il est notre premier mentor dans le métier. Je conseille à chaque élève-directeur de profiter au maximum de cette période pour observer et s’enrichir de l’expérience du maître de stage. On en apprend tout au long de sa carrière mais si on peut anticiper certaines difficultés, c’est encore mieux.

Quelles sont vos ambitions pour l’hôpital de demain ?

Je rêve d’un hôpital « hors les murs » qui n’existe pas qu’à l’intérieur de ses locaux mais qui rayonne aussi par son maillage et l’offre de soins délivré dans tout le territoire qu’il couvre.

Le personnel hospitalier doit pouvoir participer davantage aux actions de prévention (dépistage, campagnes de sensibilisation, éducation thérapeutique …) et pas seulement être en bout de chaîne, pour les cas très graves ou traités trop tardivement. Les filières de prise en charge doivent être plus facilement identifiables pour le patient où qu’il se trouve. Cette vision territorialisée de l’hôpital suppose un plus grand travail d’accessibilité et de coopération avec les médecins de ville afin de gagner en efficacité auprès la population.