A l’issue d’un parcours de promotion interne, Luce Legendre est devenue directrice d’hôpital, et assume aujourd’hui des responsabilités importantes sur la psychiatrie à Paris. Luce nous parle d’un métier en forte transformation, où il faut s’invertir, innover et transmettre. Un exercice très prenant !

Pourquoi et quand avoir décidé de devenir directrice d’hôpital ?

Je suis aujourd’hui Directrice du Groupe Public de Santé Perray Vaucluse, Secrétaire générale du « Groupement Hospitalier de Territoire ParisPsychiatrie & Neurosciences«  et directrice du groupe public de santé Perray-Vaucluse.

J’ai décidé très tôt dans ma vie professionnelle de devenir directrice d’hôpital, pourtant le pragmatisme de la vie a prévalu et pour moi c’est plutôt, quand ai-je pu devenir directrice d’hôpital ? et surtout comment ?

Je vais donc faire l’éloge de ce merveilleux outil qu’on appelle la formation professionnelle continue, la motivation, l’ascenseur social ou encore le réducteur d’inégalités. J’ai tour à tour exercé un certain nombre de métiers hospitaliers dans les services de soins, dans les services administratifs et logistiques à des échelons hiérarchiques variés et sous des statuts précaires qui l’étaient tout autant. J’ai eu la chance de rencontrer des personnalités qui ont cru en moi et qui elles-mêmes croyaient dans le service public et l’hôpital. Ils ont marqué mon parcours, je sais qu’ils se reconnaîtront.

Ce parcours atypique m’a permis – mais on pense tous avoir un regard très singulier sur sa fonction – d’engranger une très bonne connaissance des problématiques de terrain, de celles des acteurs y compris des usagers.

Je suis devenue directrice d’hôpital car j’ai un goût prononcé pour l’initiative et la conduite stratégique et ce métier autorise cet épanouissement sous des formes plurielles, fonctions transversales, directions fonctionnelles, chargés de missions, exercice du métier dans des sphères publiques connexes, etc.

L’hôpital est en permanente évolution ; en ce sens il répond, plus que toute autre institution, à son obligation d’adaptabilité. Etre directrice permet d’être au cœur, tout en accompagnant ces transformations de l’offre de soins.

La richesse de l’exercice réside aussi dans l’entreprise collective nécessaire au succès. Nul par ailleurs la diversité des sensibilités et des métiers peut se mettre  à l’œuvre comme à l’hôpital. Il existe plus de 150 métiers et des modalités d’expression participatives très denses, dès lors que l’on s’attache à leur bon fonctionnement ainsi qu’à un dialogue social responsable et de qualité.

Qu’appréciez-vous le plus dans ce métier ?

Ce que j’apprécie le plus c’est… l’impossibilité de ronronner !

Les hôpitaux publics relèvent chaque jour des défis immenses : accueillir des patients et leurs familles, soigner, mais aussi se transformer eux-mêmes et penser l’offre de soins sur l’ensemble du territoire d’intervention.

Alors pour nous, directeurs et directrices d’hôpital, la responsabilité consiste à évoluer dans notre métier, pour demeurer pertinents et compétents pour piloter un hôpital qui change énormément.

Nous devons démontrer plus que jamais notre plus-value, et celle-ci passe par notre expertise du fonctionnement de l’hôpital et de son territoire. Et plus simplement par notre capacité à diriger l’établissement.

Vos domaines d’intervention préférés ?

Les projets dans lesquels je me suis le plus épanouie sont de trois types :

  • projets de pilotage stratégique au sein d’un hôpital, j’ai ainsi conduit la fusion RH des hôpitaux de Saint-Maurice,
  • accompagner le redressement financier de l’hôpital de Montreuil en tant qu’administratrice provisoire
  • et surtout je mène aujourd’hui la reconversion de l’hôpital que je dirige dans le cadre du GHT Paris.

Projets également de développement de réseaux professionnels : j’ai pu goûter très tôt au bénéfice des réseaux professionnels et au partage des expériences au travers d’un des premiers réseaux de DRH dans les Yvelines. Ensuite j’ai toujours cultivé cette manière d’exercer le métier. C’est aussi une façon d’accueillir les jeunes, les former, et transmettre.

J’ai eu la chance ensuite d’exercer la présidence de la conférence régionale FHF des DRH Ile-de-France, conférence très active qui a participé à de nombreux travaux d’expérimentation en « gestion prévisionnelle des métiers et des compétences », évaluation professionnelle, développement professionnel continu.

J’ai exercé de façon tout aussi active la vice-présidence de l’ADRHESS aux côtés de Jean-Marie Barbot, nous avons marqué un certain nombre de rapports publics par nos propositions novatrices.

Dans un autre domaine mais avec le même engouement, je suis actuellement vice-présidente de l’ADESM (association des établissements de santé mentale) où je travaille avec le Président Pascal Mariotti. C’est une période de grande transformation pour la psychiatrie, de nombreux groupes de travail initiés par les pouvoirs publics permettent aux acteurs de terrain que nous sommes de prendre part à la concertation nationale sur des sujets majeurs de politique de santé mentale.

Enfin, je suis passionnée par la transmission des savoirs et des expériences et c’est au CNEH, à l’EHESP, au sein de l’université (MBA, Master) que j’entretiens cette fibre auprès des étudiants qui, à leur tour, m’enrichissent de leurs questionnements et mises en cause.