Georges Bourrounet est directeur des soins depuis plus de 10 ans, et exerce actuellement au CHRU de Montpellier. Entre le soignant devenu membre de l’équipe de direction et le directeur d’hôpital, c’est la complémentarité des compétences et des approches qu’il tient ici à souligner.

Pouvez-vous expliquer les relations de travail entre vous-même, directeur des soins et le/les directeurs d’hôpital ?

Ces deux acteurs n’évoluent pas dans les mêmes registres en matière d’expertise. C’est de leurs complémentarités que naît une certaine efficience. La zone d’expertise du DH se situe essentiellement au niveau des finances et de la GRH. Le DS est expert dans l’organisation des filières de prise en charge, la gestion des risques, le dimensionnement des équipes.

Dans le cadre d’un projet d’amélioration ou de restructuration ils vont jouer de leurs complémentarités.

Comment a évolué l’image que vous vous faisiez de ce métier et des gens qui l’exercent ? En quoi les DH pourraient-ils progresser selon vous ?

Les directeurs d’hôpital que j’ai croisés dans ma carrière de directeur des soins m’ont surtout aidé dans la dimension prospective, politique et stratégique des projets. 

Le directeur des soins me semble néanmoins plus « armé » pour négocier avec les médecins, le soin étant son « cœur de métier ». La Commission des soins infirmiers, de rééducation et médicotechniques, présidée par le directeur des soins, est l’instance qui réunit et fédère tous les projets et initiatives relatifs à la prise en charge des patients et à la production de soins.

Dans des structures importantes, comme les CHU, la place des directeurs des soins tend à être sous-estimée.  Si on leur confiait des Directions fonctionnelles transversales, beaucoup de DS seraient en mesure de donner la pleine mesure de leurs talents. Les DS ont entre 45 et 55 ans lorsqu’ils sortent de l’EHESP, et ont derrière eux tout un cursus de Cadres et cadre Supérieurs de Santé, contrairement aux DH, qui, pour beaucoup, se retrouvent en poste dès l’âge de 25 ans, après un parcours limité à l’université ou Sciences Po.

Pour moi, dans ces métiers, il faut d’abord et surtout une grande maturité.