Sophie Haristouy est directrice d’établissement sanitaire et social (D3S), mais dirige actuellement l’atelier Courrèges à Pau, ayant pris une disponibilité pour convenance personnelle. Un parcours étonnant, mais finalement pas si éloigné de nos métiers.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours hors établissement sanitaire et social et pourquoi avoir choisi cette voie ?

J’ai un parcours très atypique. Car après avoir dirigé des établissements sociaux et médico-sociaux pendant 9 ans, j’ai décidé de faire  une pause : 1 an en Congé de Formation Professionnelle à l’école des Beaux-arts de Pau puis j’ai enchaîné sur un poste de Directrice Générale Adjointe à l’agglo et à la Mairie de Pau, j’avais alors près de 900 personnes sous la responsabilité.

Puis la Maire, auprès de qui je m’étais engagée, a décidé de ne pas se représenter et au même moment j’ai fait la connaissance des 2 PDG de Courrèges qui cherchaient quelqu’un pour restructurer les ateliers de Pau. L’enjeu était principalement un enjeu de management et de ressources humaines ce qui au cœur de mes compétences.

80% des couturières partaient à la retraite après 40 de maison: transmission des savoirs-faire, renouvellement d’équipe, voilà le challenge qu’il fallait relever en très peu de temps.

En quoi cette expérience ressemble t elle à et diffère-t-elle de la direction d’établissements sociaux / médico-sociaux dans lesquels vous avez exercé ?

C’est le métier de dirigeant qui est au cœur de nos compétences transférables, surtout pour moi qui ai un parcours plutôt généraliste.

J’ai choisi cette voie d’abord à partir d’une rencontre. Jacques et Fred m’ont fait partager leur projet, leur vision à laquelle j’ai adhéré. Et finalement, dans nos métiers, c’est le plus important. Quand on accepte la responsabilité d’un poste de cadre-dirigeant, la cohésion, la cohérence, la loyauté, sont des éléments de choix fondamentaux. Et cela transcende les questions de public ou de privé.

Les dirigeants du public ont beaucoup à apporter au secteur public et marchand et vice versa.

Cette expérience est très similaire à celles que j’ai eues dans le public et dans le social. Les questions de métiers, de leadership, de management, de sens se posent de la même manière quel que soit le domaine.

Pour autant, chaque secteur, chaque milieu professionnel a ses codes, sa culture. De mon point de vue, le métier et les compétences de cadre-dirigeant sont transférables d’un secteur à un autre, même s’ils sont éloignés. C’est enrichissant pour le professionnel et pour le secteur, c’est une ouverture, si ces collaborations se font dans un juste équilibre.

Il faut pouvoir s’appuyer sur de bons techniciens  qui portent l’histoire et la culture du secteur concerné et avoir la patience et l’humilité d’apprendre et d’écouter autant que l’envie d’apporter un nouveau regard.

L’expérience diffère peut-être par la pression que peut exercer le capital et le court terme sur les personnes et sur les changements auxquels l’organisation doit s’adapter. Cela peut faire porter une pression plus forte sur l’individu et moins sur le collectif.

Comment voyez-vous le métier de DH/D3S depuis ce « point de vue »?

Finalement, il y a peut-être une spécialisation plus grande dans le métier de directeur d’hôpital alors que les D3S sont tout de suite sur des postes très généralistes. Mais les deux métiers sont complémentaires, les deux voies sont des étapes.

Tout est possible, tout est transférable !