Après un début de carrière comme gérant d’un hôtel, Alain Philibert a découvert les hôpitaux et y a fait une belle carrière, en métropole et outre-mer. Il est actuellement directeur adjoint au CHU de Guadeloupe.

Pourquoi avoir décidé de devenir directeur d’hôpital ?

Après divers emplois dans l’hôtellerie-restauration et la vente à domicile, j’ai débuté ma carrière hospitalière en 1980 comme commis, au bureau des entrées de l’hôpital de Romans-sur-Isère. J’ai tout de suite été conquis par l’institution hospitalière, ses valeurs et ses missions, mais je m’ennuyais ferme dans mon emploi. J’ai alors cherché le moyen de m’y épanouir professionnellement, et le métier de directeur d’hôpital s’est imposé comme une évidence. J’ai donc mis tout en oeuvre pour intégrer l’Ecole nationale de la santé publique (EHESP aujourd’hui).

Qu’appréciez-vous le plus dans ce métier ?

La noblesse des missions, la diversité des activités, et la richesse des rencontres

Un ou des dossiers emblématiques ?

Trois dossiers, ou plutôt trois aventures humaines, qui ont vraiment marqué ma route de chef d’établissement :

  1. La reconversion intelligente et réussie, de l’activité de Médecine-Chirurgie-Obstétrique (MCO) s’éteignant vers une activité de Soins de Suites et de Réadapation (SSR) hautement spécialisé, du Centre Hospitalier de Rumilly (Haute-Savoie) dans les années 90, un peu en avance sur son temps. Aujourd’hui entièrement reconstruit, l’établissement a su trouver sa vraie place, en passant du stade de mort approchée à celui d’une brillante réhabilitation.
  2. La mobilisation exemplaire et sans faille de la Clinique privée participant au service public hospitalier Saint-Benoit (La Réunion) contre l’épidémie de Chikungunya en 2005/2006. Un modèle du genre, reconnu par tous et mis en valeur par la remise de la Médaille de Matignon des mains du 1er Ministre à l’établissement.
  3. La fusion-absorption, en 2009/2010, contre nature, en dépit de toute logique, imposée par des représentants de l’Etat aveuglés et acceptée par des administrateurs vieillissants et peu au fait des questions sanitaires, de la Clinique Saint-Benoît avec l’anonyme Centre Hospitalier Intercommunal, pour donner naissance au Groupe Hospitalier Est Réunion. Un échec retentissant et une débauche de moyens regrettable…