Erick Lajarge est directeur départemental de la cohésion sociale de Paris, après plusieurs années d’exercice comme directeur d’hôpital. Un métier dont il s’est provisoirement écarté mais qui le nourrit tous les jours.

Votre parcours « hors hôpital » en quelques mots ?

Mon parcours hors hôpital s’est construit en fonction des rencontres et des liens avec des hommes ou des femmes politiques mais aussi des projets proposés. J’ai exercé dans des collectivités locales mais aussi en cabinet ministériel et aujourd’hui en service déconcentré de l’Etat et plus précisément à la direction départementale de la cohésion sociale de Paris.

Pourquoi avoir choisi ces postes hors de l’hôpital ?

Pour être hors hôpital il faut d’abord le quitter. Ce fut mon choix après l’adoption de la loi HPST. Je ne pensais pas que cette loi permettrait de conserver la logique d’établissement public, avec ce que cela suggère d’autonomie et de capacité d’initiative, mais aussi en terme de négociation en interne avec les agents et leurs représentants ou en externe avec les élus par exemple.

C’est cela que j’aimais à l’hôpital et c’est ce que j’ai retrouvé dans les collectivités locales.

J’ai donc quitté l’hôpital (peut être d’ailleurs y revendrai-je…) pour gagner le champ des collectivités. J’y gérais diverses politiques publiques locales avec une très grande nécessité de concret, ce qui rejoint ce qui se fait à l’hôpital où peu de choses peuvent être laissées au hasard.

En quoi cette expérience diffère-t-elle d’une expérience hospitalière ?

Elle est plus complexe dans la mesure où vous devez composer avec votre groupes d’élus avec parfois, dans une même majorité, de nombreuses sensibilités….Vous devez avoir le bon positionnement avec vos élus donc mais aussi avec le cabinet du président ou du maire, avec votre DG si vous êtes DGA mais aussi avec les élus de terrain, avec vos agents, le secteur associatif. Bref, c’est une équation avec de nombreuses inconnues et c’est très enthousiasmant de faire en sorte que tout cela fonctionne. Comme un rubik’s cube dont on aurait reconstitué toutes les faces !

Comment voyez-vous le métier de DH depuis ce point de vue ?

Très positivement. Ce que j’ai appris à l’hôpital m’est d’une très grande aide dans mes fonctions soit en collectivités soit au sein de l’Etat. J’ai une grande affection pour ce métier de DH car il allie trois facettes: le management, la gestion et surtout, la stratégie. C’est pareil en collectivité. Et au sein de l’Etat, c’est ce que nous demandent nos préfets : leur proposer des stratégies et gérer.

Ma vision du métier de DH est donc positive et, depuis que j’ai quitté l’Ecole de la santé, ce sentiment ne m’a jamais quitté. Bien au contraire !