Après une belle carrière d’assistante de service social, Brigitte est devenue directrice d’hôpital. Elle exerce désormais une fonction de direction de plusieurs établissements pour personnes âgées et de services d’aide à domicile.

Je m’appelle Brigitte Larzat, je suis directrice d’hôpital depuis avril 2000. Je suis actuellement en position de détachement au sein d’une association loi 1901 reconnue d’utilité publique depuis janvier 2009.

J’ai occupé dans un premier temps, de janvier 2009 à mars 2016, la fonction de directeur multi-sites d’établissements sociaux et médico-sociaux EHPAD. Depuis avril 2016 j’assure une nouvelle fonction intitulée « directrice filière métier » sur un secteur géographique en l’occurrence la région Ile de France. Le métier en question ou plutôt les métiers intéressent le secteur des personnes âgées et celui de l’aide à domicile (Service de Soins Infirmiers A Domicile SSIAD et Service d’Aide A Domicile SAAD). J’assure l’accompagnement, le contrôle et le développement de 7 EHPAD, 5 SSIAD et 2 SAAD.

Pourquoi avez-vous choisi ce poste hors de l’hôpital ?

Je ne peux répondre à cette question qu’en retraçant brièvement mon parcours professionnel. En effet, je suis issue du concours interne de DH, ce qui veut dire que j’ai eu une autre vie avant. J’ai une histoire longue et passionnante d’assistante de service social  essentiellement en milieu hospitalier de 1982 à 1997. C’est d’ailleurs cette exploration de la dimension sociale au cœur du soin qui m’a guidée vers le concours.

Forte de cette expérience associée à mon nouveau bagage de manager et de gestionnaire, j’ai choisi (en 2000, c’était encore possible) de prendre la chefferie d’un EHPAD en province puis la direction adjointe dans le cadre d’une direction commune de deux Hôpitaux locaux et d’un EHPAD.

En 2008, contrainte à une mobilité géographique pour rejoindre la région parisienne, la question se pose du choix d’un poste au carrefour du sanitaire et du social dans un cadre de management de proximité, situation convenant à mes aspirations et aux compétences spécifiques développées antérieurement et nécessaires pour ces fonctions.

Le secteur associatif m’offre cette opportunité dans le cadre d’une création de poste de directeur multi-sites de trois EHPAD dans le Val d’Oise.

Je crois inutile de préciser ma position quant à la question de l’unicité des corps de direction dans la FPH…

En quoi cette expérience diffère-t-elle de votre expérience hospitalière ?

Après réflexion, il existe davantage de similitudes que de différences. Cela  tient au fait d’une part que les fonctions occupées dans un premier temps au sein de l’association appartenaient au même registre, à savoir l’aspect généraliste du métier de directeur en tant que chef d’établissement. D’autre part, l’association étant d’une taille significative, on retrouve un schéma d’organisation et un processus décisionnel  analogues à un centre hospitalier de dimension régionale.

Les similitudes, enfin, dans le cadre du second poste occupé tiennent à l’aspect stratégique d’inscription, de coopération et de développement  des établissements et  des services dans la toile territoriale des structures de tous statuts, permettant que chaque personne trouve, à quelque moment que ce soit de sa demande d’accompagnement et de soin, la réponse adaptée à sa situation.

La différence majeure se situe dans la gouvernance régionale de l’association et des établissements qui repose sur un collectif d’élus  et de salariés de l’association sans ancrage direct avec le territoire et ses représentants.

Comment voyez-vous le métier de DH depuis ce « point de vue » ?

La mise en place des GHT offre un intérêt renouvelé pour le directeur d’hôpital détaché au sein de son lieu d’exercice originel. La variété des fonctions de direction dans le cadre de ce nouvel espace d’accès aux soins s’étend, laissant ainsi  la possibilité aux directeurs détachés d’apporter leur contribution compte tenu de leur connaissance d’institutions, de structures et de fonctionnements pouvant avoir désormais partie liée au GHT.

Ainsi le directeur d’hôpital ne semble plus, ou moins, appartenir à une citadelle qui détiendrait le monopole de la culture de santé publique qui ne peut trouver matière à se développer qu’au sein de l’hôpital public (à vocation régionale de préférence) dans un entre soi entrant en conflit avec les objectifs revendiqués.

Les mouvements soutenus, facilités, encouragés des directeurs entre leur lieu d’apprentissage et d’exercice d’origine et tous les autres secteurs permettraient d’ouvrir, partager les points de vue et promouvoir la coopération appelée par tous mais si difficile à mettre en œuvre.