Florence a 30 ans, elle est directrice d’hôpital, après un « coup de cœur » qui ne s’est jamais démenti, pour un métier concret au service des patients !

Quand et pourquoi j’ai décidé de devenir directeur d’hôpital :

J’ai découvert l’hôpital à 18 ans, quand ma petite sœur a été diagnostiquée d’une grave tumeur et admirablement prise en charge dans un service d’enfants en CHU. J’ai été fascinée par cet univers où les joies et les peines se côtoient parfois au même étage, avec un personnel qui accueille la société, au sein large.

Ensuite, j’ai cherché lors de mes études quoi faire plus tard après avoir abandonné l’idée de devenir économiste. Quelqu’un est venu à l’école nous présenter les filières de la fonction publique, l’acronyme DH a été cité sans plus d’infos. J’ai découvert qu’il ne fallait pas être médecin pour diriger un hôpital mais aimer gérer, encadrer des gens et optimiser des ressources pour accompagner au mieux l’expérience du patient.

J’ai fait 1 mois d’observation dans un hôpital en difficultés financières importantes, tous les collègues m’ont découragée (« le métier a changé » , « on n’a plus les moyens de mener des projets ») mais j’étais sûre de moi. Ça a été un coup de cœur qui ne s’est pas démenti depuis. J’ai eu le concours 3 ans après. Je n’ai jamais regretté une seule fois mon choix pour l’instant !

Ce que j’apprécie le plus dans ce métier :

N’être jamais éloignée de la vraie vie. Oui il y a la stratégie, la gouvernance, les modes projets, les hiérarchies diverses mais au final quand le patient vient à l’hôpital son expérience repose sur des choses simples : la clarté des informations qu’on lui donne, le savoir-être des équipes, l’écoute qu’il a le sentiment d’avoir dans ce moment difficile de sa vie.

Le fait de travailler dans un univers où chaque professionnel nous rappelle l’exigence de pragmatisme du quotidien nous oblige à ne pas traiter que des tableaux excel dans un bureau.

Au-delà de ça, être en mesure de comprendre l’enjeu de certaines stratégies publiques (l’ambulatoire, l’imagerie à distance, la rationalisation territoriale des équipes médicales etc.) et d’essayer d’accompagner (j’ai dit essayer !) les équipes pour se réorganiser en fonction de ces enjeux est un défi passionnant.

Comme toutes les fonctions publiques et peut être encore davantage en raisons des innovations technologiques, l’hôpital va devoir évoluer si on veut le conserver dans les années à venir. C’est d’ailleurs déjà la fonction publique qui a connu le plus de réformes depuis plusieurs années. Je préfère participer à l’anticipation ces évolutions au moment où elles sont les moins violentes que de les voir imposer brutalement.

Un de mes dossiers emblématiques

Assez modestement, les projets qui m’ont le plus touchée sont souvent les plus concrets pour le patient, et ils ne sont souvent pas très innovants ! En voici quelques uns :

Avoir créé un accueil administratif aux urgences, certes pour sécuriser nos recettes mais aussi pour que le patient n’attende pas plusieurs heures sans qu’on lui dise bonjour, qu’on sécurise son identité et combien de temps il va attendre en est un.

Avoir recréé un livret d’accueil, veillé à ce qu’il soit sur Internet et donné en papier à chaque patient, avec des modalités dématérialisées pour obtenir certaines documents.

Plus récemment, avoir réussi à réaffecter un poste médical d’un service à l’autre, car l’activité augmentait fortement avec des délais allongés pour les patients, sans l’opposition de la communauté médicale.