Je m’appelle Anne BADONNEL, j’ai été directrice d’hôpital pendant 12 ans, et, après avoir été mise à disposition au ministère de la santé et détachée au ministère de l’intérieur, j’ai intégré le corps des administrateurs civils puis l’IGA (inspection générale de l’administration) en qualité d’inspectrice de l’administration. Je ne suis donc plus directrice d’hôpital depuis 2013 et travaille actuellement place Beauvau.

Pourquoi j’ai choisi ce poste hors hôpital

Le choix de travailler au ministère de l’intérieur est le résultat d’un parcours de directrice d’hôpital riche et surtout de rencontres professionnelles diversifiées : après avoir travaillé 7 ans dans deux centres hospitaliers universitaires, j’ai rejoint le ministère de la santé – DGOS puis cabinet de la ministre – pendant 2 ans.

C’est au moment de la gestion délicate de la crise sanitaire de la grippe A (H1N1) que j’ai appris à connaître les enjeux et les acteurs du ministère de l’intérieur. C’est ainsi que j’ai décidé  de le rejoindre à ma sortie du cabinet ministériel comme administratrice civile.

En quoi cette expérience diffère de mon expérience hospitalière 

Cette expérience en administration centrale de deux ministères – et en cabinet ministériel – était très différente, car un directeur d’hôpital est avant tout un gestionnaire et un décideur, alors que les missions d’un administrateur civil sont de définir des normes, d’apporter un haut niveau d’expertise et de contrôler. C’est réellement un autre métier, avec une autre dimension. Les responsabilités et les marges de manœuvre d’un administrateur civil sont moindres que celles d’un directeur d’hôpital, mais on a une vision nationale et stratégique des enjeux de santé publique, c’est assez grisant. Surtout en cabinet ministériel.

Aujourd’hui, j’exerce encore un autre métier, celui d’inspecteur, chargé d’évaluer les politiques publiques, de réaliser des missions d’audit et des missions d’enquête administrative, ou encore des participer à des missions d’appui auprès de parlementaires.

Comment je vois le métier de directeur d’hôpital depuis ce « point de vue »

J’ai été recrutée à l’IGA notamment parce que j’étais directrice d’hôpital et que des compétences en matière de gestion sociale et de fonction publique hospitalière étaient particulièrement recherchées.

Je réalise aujourd’hui des missions interministérielles avec l’IGAS et je retrouve les problématiques hospitalières avec grand plaisir.

Je me sers tous les jours des 3 qualités qui me semblent caractériser les fonctions de directeur d’hôpital, même si je n’exerce plus celles-ci : sens de la stratégie, de l’organisation et du management. Et je reste profondément attachée à mon métier d’origine !